03 Mar Article Lancet Oncology – Nouveau traitement anti-androgène pour le cancer du sein triple négatif
En cette Journée Mondiale du Cancer du Sein Triple Négatif, nous sommes heureux de féliciter l’équipe 7 – « Cibler la Transcription dans le Cancer du Sein », dirigée par Pr. Martin Teichmann, dont les travaux dirigés par Pr. Richard Iggo et Pr. Hervé Bonnefoi, étudiant une forme rare du cancer du sein triple négatif ont été publiés dans le journal prestigieux Lancet Oncology. Ces travaux, portant sur la forme rare de ce cancer dont les cellules cancéreuses expriment de façon élevée le récepteur aux androgènes, donnent l’espoir d’un traitement hormonal plus supportable que les traitements utilisés jusqu’à maintenant en chimiothérapie. Des essais cliniques sont à mettre en place pour valider ce traitement.

Ces travaux sont le fruit d’une collaboration avec des chercheurs et cliniciens principalement en France : l’Institut Bergonié (Bordeaux), l’Institut Paoli-Calmettes (Marseille), l’Institut Curie (St Cloud), Le Centre Léon Bérard (Lyon), l’Oncopole de Toulouse, l’Institut du Cancer de Montpellier et de nombreux services hospitaliers (Paris, Quimper, Caen, Villejuif, Orléans, Brest, Clermont-Ferrand, Angers, Charleroi).
Merci aux soutiens et financeurs : Bayer, L’Europe (Interreg BOTS grant), UniCancer Breast Group (UCBG), la Fondation Bergonié, Fondation Nova (Genève), La Ligue contre le cancer (comité des Landes et comité des Pyrénées Atlantiques), La Fondation les 3 Roses.
Explications par Pr. Richard Iggo :
Nous avons découvert en 2005 un sous-groupe de cancers du sein triple négatif (CSTN) exprimant le récepteur aux androgènes (AR), appelé cancer du sein apocrine moléculaire (MA). Nous avons proposé que les androgènes remplacent les œstrogènes comme stéroïdes moteurs dans ces tumeurs. Ici, nous rapportons l’analyse d’un essai clinique évaluant l’activité antitumorale de l’anti-androgène darolutamide dans le cancer du sein MA. Une analyse transcriptomique a permis de classer les tumeurs en groupes à forte activité AR (MAhi) et faible activité AR (MAlo). L’objectif principal de notre étude translationnelle était de comparer le taux de bénéfice clinique à 16 semaines dans le groupe MAhi et dans les autres groupes. Chez les patientes traitées par darolutamide, le taux de bénéfice clinique était de 57 % (12 sur 21 ; IC 95 % 36–78) dans les tumeurs MAhi, et de 16 % (cinq sur 31 ; IC 95 % 3–29 ; p=0,0020) dans les autres tumeurs. Nous concluons qu’une expression élevée des gènes cibles de l’AR permet d’identifier un sous-groupe de patientes atteintes d’un cancer du sein, qui sont candidates à un traitement par anti-androgènes. Cela signifie que nous disposons désormais d’un cadre cohérent pour cibler l’AR dans le cancer du sein :
- Dans les tumeurs exprimant le récepteur aux œstrogènes (ER), utiliser des agonistes des androgènes.
- Dans les tumeurs MAhi, utiliser des antagonistes des androgènes.
- Dans les autres groupes, ne pas utiliser de thérapie ciblant AR.


Hervé Bonnefoi, Florence Lerebours, Marina Pulido, Monica Arnedos, Olivier Tredan, Florence Dalenc, Séverine Guiu, Luis Teixeira, Delphine Mollon, Christelle Levy, Benjamin Verret, Heba Dawood, Laura Deiana, Marie-Ange Mouret Reynier, Paule Augereau, Jean-Luc Canon, Noémie Huchet, Clara Guyonneau, Jérôme Lemonnier, Gaetan MacGrogan, Anthony Gonçalves, Elodie Darbo, Richard Iggo Lancet Oncology Published online 17 février 2025

